Les poilus (et les autres...)

Pour la défense du loup – Et si on arrêtait d’en avoir peur ?

Qui ne connait pas le loup ? Depuis qu'on est enfant on entend des histoires, on chante des comptines, on voit des dessins animés et puis des films dans lequel le loup est la super star, souvent le super méchant. Le loup a prospéré dans notre pays pendant des centaines d'années et puis, il a disparu. La faute à qui ? A l'homme évidemment, à l'homme civilisé, armé de grosses armes, de balles qui tuent, à distance, de l'homme lâche et stupide.

50 ans après la disparition du loup sur notre territoire, l'animal repointe son museau du côté des Alpes, il traverse la frontière et nous vient tout droit d'Italie où, si on ne peut pas dire qu'il prospère, il y est au moins en nombre. Le loup est en France. Bonne nouvelle pour la biodiversité, les populations d'ongulés vont pouvoir être régulés naturellement par la prédation et on arrêtera d'entendre des plaintes sur les dégâts des sangliers. Sauf qu'il y a un hic, à l'instar de l'ours qui réapparaît dans les Pyrénées, le loup n'est pas le bienvenu en France pour certaines personnes.

Il y a les craintifs, ceux qui sont encore bercés par les histoires selon lesquelles le loup serait un mangeur d'hommes. Je vous rassure, les loups ont plus peur de vous que vous n'avez peur d'eux et si, dans quelques très rares cas, un loup a attaqué un homme il s'agissait surtout de se défendre ou de défendre les siens. Peu de chances donc de rencontrer un loup dans les montagnes, si vous en voyez un estimez vous chanceux, c'est beau et rare. Il y a ensuite les bergers et là, le problème se corse. Les troupeaux sont vulnérables aux loups comme toute proie est vulnérable face au prédateur, surtout quand les proies ne sont pas surveillées. Parce que le problème majeur des attaques de troupeaux vient de là, les troupeaux d'ovins ne sont pas protégées par la présence d'un berger la plupart du temps mais laissés en liberté et cela depuis la disparition du loup sur le territoire, forcément on a perdu l'habitude de protéger les troupeaux. Les pertes avec le retour du loup en France sont donc significatives et la mise en place de mesure est obligatoire, que ce soit pour protéger les troupeaux ou pour indemniser les pertes.

Mais quelles mesures ? L'abattage des loups, évidemment. Ou disons, d'une petite partie de la population (14% en 2015). Ça vous semble peu ? Et pourtant c'est déjà trop élever pour permettre à la population de prospérer puisque à ce nombre s'ajoute la mortalité naturelle des loups, soit environ 22% de pertes. La population de loups décroît donc encore et malgré cela l'abattage des loups continue puisque Nicolas Hulot, Ministre de l'Ecologie, a autorisé l'abattage du même nombre de loups que l'année dernière soit 40, c'est beaucoup trop. Pour moi, il ne devrait pas y avoir d'abattage du tout mais un éveil de la conscience de chacun que l'homme ne possède pas le territoire ou la terre et qu'il doit cohabiter avec les espèces du territoire sur lequel il a établi sa vie comme les espèces, elles, le font. Aujourd'hui les éleveurs sont indemnisés pour les pertes qu'ils subissent et des solutions sont mises en place pour ré-apprendre à cohabiter avec ce grand canidé comme la remise en place des bergers qui restent avec les animaux dans les alpages, des clôtures électriques pour éloigner les loups la nuit et surtout l'introduction des patous dans les troupeaux pour dissuader le loup de se servir dans le troupeau. Pourtant toutes ces mesures ne semblent pas suffisantes et plutôt que de réfléchir au cœur du problème on continue à abattre des animaux, signant, une nouvelle fois leur arrêt de mort.

lobos portugal loup

Comment aider les loups ?

Non, je ne vais pas vous proposer de balancer vos entrecôtes dans les forêts à côté de chez vous (même si ça serait sûrement efficace) mais plutôt de vous tourner vers des associations qui luttent pour la faune dans notre pays.

Parler du loup

C'est déjà la solution la plus logique, vous positionnez sur la question du loup, en parler autour de vous, prendre position sur les réseaux sociaux, déclencher peut être même des débats sur cette question, toutes ces petites solutions à la portée de tous permettent de ne pas oublier et même de réveiller l'intérêt de ceux qui ne se sont jamais intéressés à la situation du loup.

Transmettre des informations aux associations

Si dans votre commune un abattage de loups est décidé les associations peuvent parfois faire barrage pour l'empêcher sauf que parfois, elles n'en sont pas informés et ratent leur chance d'arrêter un massacre. Vous pouvez donc envoyer des mails aux associations pour les tenir au courant d'informations concernant un abattage à venir ou ayant déjà eu lieu, ça peut leur servir pour des actions futures.

Soutenir les associations

Dernière possibilité, vous pouvez soutenir les associations de protection de la faune sauvage, cette aide pouvant se faire par plusieurs biais comme du bénévolat (comme chez FERUS) jusqu'au don pur et simple. Dans tous les cas l'aide à ces associations est précieuse pour les loups mais aussi pour notre planète et notre territoire, chaque espèce a une importance capitale dans l'équilibre de notre Terre, chaque disparition a un impact considérable.


épinglez-moi !

Voyageuse amoureuse de la nature, passionnée d'animaux et de conservation ; solo ou à deux ; en Europe, Afrique, Asie, Amérique, je vous emmène dans mes bagages pour vous raconter mes voyages.

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Commentaires (4)

  1. Pour moi, il ne devrait pas y avoir d’abattage du tout mais un éveil de la conscience de chacun que l’homme ne possède pas le territoire ou la terre et qu’il doit cohabiter avec les espèces du territoire sur lequel il a établi sa vie comme les espèces, elles, le font.
    => Je suis tellement d’accord avec toi ! Cette façon pour nous, humains, de penser que tout nous est dû et que la solution c’est toujours d’exterminer m’exaspère. Et concernant le loup, je suis tellement d’accord avec toi… mais bon, quand tu vois que des gens prennent encore plaisir à tuer des chats ou chiens qui traînent à côté de chez eux, tu te dis que l’espèce humaine est pas prête d’évoluer 🙁

    1. 🙁 Je suis d’accord avec toi pour ces espèces de fous qui tuent des animaux juste à côté de chez eux, pour l’avoir vécu avec certains de mes chats je n’arrive pas à comprendre… C’est sûrement l’idée que les animaux sont inférieurs à l’homme, au même titre que la Terre en fait, on estime être au-dessus, tellement parfaits qu’on peut tout se permettre, des vrais dieux en fait pour décider du destin de ce qu’on considère inférieurs à nous. Ce qui est d’autant plus choquant c’est que beaucoup d’êtres humains n’ont pas évoluer, et ça c’est le pire !

  2. Merci pour cet article qui ouvre un débat passionnant et essentiel. Je suis comme toi convaincue de l’inutilité des tirs au loup, et triste de voir cet animal majestueux et emblématique disparaître une deuxième fois. Et en même temps, je trouve le sujet tellement compliqué car je suis aussi sensible à la détresse des éleveurs. Ca m’a vraiment marquée quand j’étais en Aveyron, tout le monde ne parlait que de ça. On voyait des bergers avec chaque troupeau dans les pâtures, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années, on voit que le loup est revenu sur le Larzac. Il y avait l’histoire d’un troupeau entier qui s’était jeté du haut d’une falaise par peur du loup, et surtout il y avait une histoire nouvelle, qui s’était produite 3 semaines avant mon voyage en Aveyron, et qui avait traumatisé tout le monde : un loup avait attaqué en plein jour, en présence du berger. Le berger avait tapé sur la tête du loup avec son bâton pour essayer de le faire fuir, mais ça n’avait pas marché du tout, le loup avait réussi à dévorer 2-3 brebis avant de s’enfuir. Les bergers étaient hyper marqués, ils ne parlaient que de ça, ils disaient tous « on nous demande à la fois d’élever nos brebis de façon naturelle, sans les enfermer, en les laissant pâturer, et on nous demande de nous protéger contre un prédateur de plus en plus audacieux ». Je pense qu’il faut qu’on trouve tous ensemble de nouvelles solutions. Tuer les loups n’est pas une solution, mais livrer les éleveurs à eux mêmes non plus, surtout que les agriculteurs sont de moins en moins aidés (la PAC baisse, les prix s’effondrent, la concurrence internationale est rude) et que c’est difficile pour les petites exploitations de payer un berger 24h/24 pour être avec le troupeau… surtout si ce n’est pas d’une efficacité à 100%. Qu’est ce que tu penserais de la création de nouveaux parcs naturels ? D’espaces où on a les loups, et d’autres non ? Peut-on cantonner le territoire d’un loup, ou est ce impossible ?

    1. Merci pour ton commentaire Alexandra, tous mes poils se sont dressés en lisant ce que tu racontes sur les éleveurs du Larzac ! Je ne suis pas du tout insensible à la détresse des éleveurs et j’entends totalement le désespoir que ça doit être pour eux de voir leur troupeau se jeter d’une falaise ou se faire dévorer sous leurs yeux (quelle horreur!) et surtout d’avoir des loups qui s’attaquent aussi ouvertement aux brebis ! C’est très étonnant comme comportement pour un loup ! Ce ne sont pas des animaux aussi vaillants et encore moins quand ils sont seuls, ils auraient plutôt tendance à fuir à moins d’être vraiment affamés. Ça m’étonne énormément et ça soulève de nouveaux questionnements comme par exemple : est-ce que les loups ont suffisamment de quoi subvenir à leurs besoins ?

      Je ne suis pas pour la création de nouveaux parcs naturels si tu entends par ça de créer des structures fermées pour éviter le contact entre loups et brebis, le cloisonnement n’est pas la meilleure des solutions, elle empêche la dispersion des espèces et le renouvellement d’une certaine biodiversité. Le loup est un animal territorial donc il s’autocloisonne à moins de ne pas avoir de nourriture sur son territoire ou d’être chasser par une autre meute, il faudrait peut être mettre en place des études vraiment poussées sur le territoire des différents individus et groupes, la quantité et la qualité des proies qu’ils peuvent attraper et peut être créer des zones de non pâturage, même si ça peut sembler injuste pour les éleveurs… Le souci de cette cohabitation c’est que c’est à l’homme, soit disant créature raisonnable, de faire des efforts sur le territoire qu’il grignote, efforts qu’un loup ne peut pas comprendre 🙂