Les poilus (et les autres...) Madagascar

Dans la forêt primaire de Ranomafana : des lémurs et quelques sangsues !

A quelques kilomètres de la ville de Fianarantsoa se trouve le Parc National de Ranomafana. C'est l'un des parcs classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'un des plus beaux et surtout l'une des dernières forêts primaires du pays. Quand on y arrive on a déjà pu expérimenté l'humidité ambiante dans le village de Ranomafana. Une brume épaisse s'échappe des arbres qui nous entourent, il est 7h du matin quand on rejoint l'entrée du parc.

Vous avez besoin d'un guide ?

Vous allez m'entendre parler encore et encore de ces histoires de guide obligatoire à Madagascar, c'est l'une des choses qui m'a vraiment irrité ! Ici pas de pérégrination sauvage sur les sentiers du parc, on vous prend dès l'entrée et on vous escorte tout du long sur des parcours chronométrés.

Quelques nuances quand même : les guides ont besoin de travail, faut pas se voiler la face, on a parfois tendance à vouloir se la jouer solo pour des raisons de budget ou juste de tranquillité mais on oublie vite que les quelques dizaines d'euros qu'on va donner aux guides leur permettront de vivre ; essayez de trouver des lémuriens dans une forêt dense et mal éclairée quand c'est, en plus, la première fois que vous mettez le pied dans le pays, mission impossible !

Nous voilà donc parti avec notre guide et son stagiaire guide à la recherche de nos premiers lémuriens. La visite se fait en anglais ( présence d'un non francophone oblige ), on se fait donc violence pour suivre les explications données avec un doux accent malgache. Les montées sont rudes dès le début, on supporte l'humidité et les petits moments de tachycardie, et on observe consciencieusement cette Nature millénaire qui nous entoure. Notre petit stagiaire guide nous quitte pour partir de son côté à la recherche des lémuriens. Au bout de quelques minutes, on s'arrête, notre guide ne parvient pas à joindre son petit stagiaire par téléphone et décide donc de le localiser à l'ancienne : en hurlant. Je pense que nos têtes après le premier cri valait probablement le détour, il hurle, encore et encore et encore jusqu'à ce que petit stagiaire réponde, en hurlant aussi. Surprise passée, on fait demi tour ( aaah ça descend ) pour rejoindre le jeune homme qui nous attend, le nez levé.

Les lémuriens de Ranomafana

Le gentil petit stagiaire me déleste de mon appareil photo, dans un sourire il entreprend de grimper partout pour réussir à m'offrir le plus beau cliché de lémurien possible. De mon côté je me faufile entre les arbres, m'accroche à quelques branches et trouve enfin un endroit parfait pour observer une famille d'Hapalémurs dorés se jeter d'arbre en arbre. Comment décrire (encore) ce moment unique ? Celui où on observe à l'état sauvage des animaux qu'on a toujours connu qu'en captivité ? Ce moment où j'aimerais que le temps s'arrête, que les voix se taisent, que le monde disparaisse pour me laisser en tête à tête avec eux.

Même s'ils durent une éternité pour certains, pour moi ces moments là sont toujours trop courts. Le petit stagiaire me rend mon appareil alourdit d'une centaine de photos souvent flous ( elles bougent les bestioles ! ) et on migre vers un nouveau point où on pourra rencontrer une nouvelle famille de lémuriens.

Ranomafana lémuriens
Ranomafana lémuriens
Ranomafana lémuriens
Ranomafana lémuriens

"Ah, monsieur, vous avez un truc sur le cou. Ça bouge. C'est noir. Mon dieu mais c'est immonde !"

Imaginez vous un peu la musique de Psychose, la fameuse musique de la douche, celle qui fait froid dans le dos. Cette musique là va bien à toutes les situations un peu glaçantes du quotidien et le hurlement à la fin coïncide un peu avec le mien quand je me suis retrouvée avec une sangsue au bout de mon index alors que j'essayais d'éjecter la bête loin de moi.

Des sangsues ! Des petites bestioles longues et gigotantes, noires et dont la bouche est pourvue de petites dents qui viennent se planter dans la peau pour s'accrocher avec ardeur et sucer votre sang. Ah ces sangsues de Ranomafana, une fois qu'on s'est rendu compte qu'elles pullulaient dans le coin, elles nous ont un peu gâchés le plaisir des lémuriens ! Une fois qu'on était au courant de leur présence notre regard alternaient entre les arbres et le sols, entre les lémuriens qui gigotaient autour de nous et nos membres qu'on tournaient dans tous les sens pour s'assurer qu'on ne transportait pas un hôte indésirable.

3h sur les sentiers de Ranomafana

C'est le temps qu'on aura passé à monter et descendre des collines, à observer les lémuriens et les sangsues. On est sorti des sentiers parfois pour s'enfoncer parmi les arbres dans des descentes glissantes guidés par notre petit stagiaire qui réussissait à se repérer dans les méandres de la forêt. 3h ça m'a semblé suffisant, les lémuriens se réveillent tôt et s'endorment assez vite une fois le soleil levé. Les trouver endormis dans les arbres est une difficulté de plus que les guides surmontent mais ce que leurs yeux peuvent voir ne peut pas toujours être captés par les nôtres. Ce qui pour eux sera 2 lémuriens endormis à la cime des arbres a été pour moi une grosse forme en contrejour !

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Ranomafana lémuriens

Ranomafana lémuriens

Ranomafana
Un peu de paysage, quand même !

 

Ranomafana en bref :

Entrée à 55.000Ar soit 15€/pers

Durée de promenade variable ( 1h minimum )

Guide obligatoire, prix délivré à l'entrée ( pourboire à la fin, plus que bienvenu ! )

Lémuriens que vous pouvez rencontrer : Hapalémurs gris et doré, Microcèbe roux, Grand Hapalémur, Avahi Laineux, Maki Noir et Blanc et le fameux Aye Aye ( peu de chance en journée quand même )

/!\ SANGSUES

Voyageuse amoureuse de la nature, passionnée d'animaux et de conservation ; solo ou à deux ; en Europe, Afrique, Asie, Amérique, je vous emmène dans mes bagages pour vous raconter mes voyages.

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Commentaires (2)

  1. Fianarantsoa, c’est mon projet pour mes prochaines vacances. Du coup, je pense en profiter pour passer par ce parc. Voir les lémuriens dans leur milieu naturel c’est juste formidable.
    Autant, je comprends aussi tout à fait que beaucoup vivent du tourisme, et obliger de prendre un guide peut, comme tu le dis, permettre à cette personne de vivre. Mais ce qui me dérange, c’est quand tu te renseignes pour aller visiter un endroit, que tu payes le billet d’entrée et que seulement après, on t’informe que le guide est obligatoire et qu’il faut davantage payer. Je me suis déjà bien trop fait avoir, on ne m’y reprendra plus…

    1. Ah oui, t’ajoutes toujours le guidage et quand t’es étranger en plus faut penser au pourboire à la fin ! C’est une cascade de thune qui sort de ta poche en quelques heures 🙂