Italie à vélo : de Bologne à Ancône

Bon, c’est officiel, j’ai rempilé pour une nouvelle année. Malgré mon éternel « plus jamais » à la fin du voyage à vélo de l’été, je me retrouve une nouvelle fois les fesses sur la selle pour un voyage tout à fait à l’opposé du parcours de rêve qu’on a fait l’an passé. Si tu débutes en voyage à vélo, que tu n’as pas envie de te faire violence ou juste que tu aimes l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, je te conseille d’aller découvrir notre voyage à vélo de l’an dernier. Si tu aimes en chier, faire du dénivelé, gravir des cols mais aussi parcourir l’Italie à vélo, traverser la Croatie du Sud au Nord et découvrir un bout d’Autriche et de Suisse, reste par ici, le récit de nos aventures commence maintenant !

NB : puisqu’il faut rendre à César ce qui lui appartient, sachez d’abord que toutes les photos ont été prises par mon amoureux, j’ai eu cette année, une flemme intersidérale (ou un plutôt un égoïsme exacerbé) de prendre des photos avec mon gros appareil. Ne vous étonnez donc pas du peu de photos présents dans les articles 😉

De Bologne à Pineta di Classe - 95km

Nous sommes arrivés hier à Bologne après quelques heures de train. Nous avons la chance d’habiter à la frontière italienne, nous avons donc pu profiter de cette proximité pour embarquer les vélos dans un train après un court trajet jusqu’à Bardonnechia direction Turin puis Bologne. Nous voilà donc dans la belle ville de Bologne. J’avais déjà eu l’occasion d’y poser mes valises il y a quelques années et c’est depuis lors l’une de mes villes préférés d’Italie.

Une fois nos vélos posés dans notre hébergement et, surtout, après avoir pris une bonne douche (la chaleur était accablante), nous sommes allés faire un tour du côté de la Piazza Maggiore pour dîner dans l’un des petits restaurants à antipasti dont je me souvenais. Résultat ? Le fromage et le vin étaient toujours aussi bons, Dimitri assure que la charcuterie était aussi un vrai délice. Pour ce qui est de la visite de Bologne, elle a été assez rapide puisqu’elle s’est étalée entre cette soirée à se promener dans les rues du centre et le lendemain, début du voyage à vélo.

Nous partons donc le lendemain, sur nos selles, les sacoches bien accrochées, la crème solaire bien étalée (en tout cas pour moi, détail important pour la suite), prêts à découvrir l’Italie à vélo, ou en tout cas une partie de sa côte. La chaleur d’hier est toujours aussi présente. Forcément, c’est la canicule aussi ici et je vous avoue que j’ai très peu envie de rouler par ce temps. Nous avions déjà vécu une canicule lors de notre arrivée dans la Meuse pendant le voyage à vélo de 2018, mais pas si intense. Nous partons malgré tout (en même temps, pas trop le choix !). Nouveauté de cette année : nous utilisons en plus de notre carte papier, l’application Maps.me qui nous permet d’avoir accès à des cartes et des itinéraires hors connexion. Nous suivons donc la route que nous indique l’application, passant de ruelles en ruelles sur des routes cyclables.

A la sortie de Bologne, Dimitri, qui commence à sentir la morsure du soleil, s’arrête pour me demander la crème solaire. Nous faisons donc un arrêt sur ce qui semble être un parking. Un homme, vraisemblablement un cuisinier vu sa tenue, se promène sur le parking et nous aborde pour nous demander, en italien (on baragouine l’italien et on le comprend un peu, heureusement pour nous), d’où on vient et où on va. On lui explique comme on peut que nous partons pour l’Autriche, il nous fait ses compliments puis s’éclipse. Quelques minutes plus tard, il réapparaît et nous propose, toujours en italien, de le suivre, son restaurant serait ravi de nous offrir le repas. Alors, je vous avoue que j’étais légèrement abasourdie. Déjà parce que c’est la première fois pour moi qu’on me propose de m’offrir le repas, mais aussi parce qu’on n’a pas fait 10km en Italie, on est un peu honteux d’accepter, on ne se sent pas encore très méritant mais malgré tout, on ne refuse pas et on suit ce charmant monsieur. Du plat au dessert, on aura eu le droit à la totale, typique de la région de Bologne. Nous savourons cette gentillesse et repartons sur nos vélos quelques temps plus tard pour réellement entamer notre journée.

L’Italie à vélo, pour ce premier jour, c’est une grosse dose de gentillesse mais aussi une véritable purge. La chaleur est écrasante, après quelques heures à pédaler sous le cagnard, je sens le coup de chaleur qui pointe son nez, j’ai chaud, puis froid, puis quelques frissons, je fais signe à Dimitri pour qu’on fasse une pause à l’ombre, je suis déjà éreintée. Après quelques minutes au soleil et beaucoup d’eau ingurgitée, je remonte en selle et les heures s’égrènent sous le soleil et sur les routes d’Italie. A la tombée de la nuit, nous ne sommes toujours pas sous la tente. Dimitri a repéré une forêt pour bivouaquer et on est enfin sur le chemin pour s’y infiltrer. A ce stade je n’en peux plus, je pousse mon vélo à travers les racines pour suivre Dimitri. On finit par s’installer dans un coin relativement isolé des chemins, pas trop du bruit d’une espèce de fête qui vient jusqu’à nous mais semble assez loin, et je m’écroule littéralement dans la tente. J’ai subi aujourd’hui. 93km, par ce temps et cette chaleur, c’était trop. Beaucoup trop même, à tel point qu’on acte que sur les prochains jours on répartira mieux l’effort et on s’arrêtera aux heures les plus chaudes pour se reposer.

Voyager avec un vélo en Italie n’est possible que sur les trains régionaux. S’il n’est pas démonté, le coût du billet pour vélo est de 3,5€. Les trains italiens ressemblent assez à nos trains français au niveau de la structure. Il s’agit souvent de vieux trains qui s’approchent de nos vieux TER avec des marches assez hautes et galères à monter avec un vélo chargé. Les compartiments vélos sont en général dans les wagons de queue ou de tête et certains sont assez grands, il est donc possible de poser son vélo sans avoir à l’accrocher en hauteur par la roue avant, système que je déteste parce qu’absolument pas fait pour les vélos de voyage.

Pour un repas typique je vous conseille chaudement les restaurants de la Via Pescherie Vecchie qui donne sur la Piazza Maggiore. C’est une succession de petits restaurants où vous pouvez manger des plats typiques et des antipasti. Petite préférence pour La Baita Vecchia Malga et ses tables hautes dès l’entrée dans la rue !

Pour un repas dans une bonne trattoria loin de tout et tenue par des gens adorables, on vous conseille la Trattoria Vilma Borgatella !

italie à vélo
italie à vélo
Italie à vélo
italie à vélo

Pineta di Classe à Verruchio - 60km

Vous dire que je suis de mauvaise humeur ce matin serait un euphémisme. Je suis toujours sous le coup de la journée infernale de la veille et la perspective de devoir à nouveau rouler sous cette chaleur me fait râler. Heureusement le petit déjeuner et le début de la route me déride un peu. Pour rejoindre la côte on traverse la petite forêt et les marais et canaux qui la composent, c’est mignon, les couleurs sont superbes et il fait encore assez frais ! 

Nous restons assez peu sur la côte aujourd’hui et pour cause, le plan est de rejoindre Saint Marin. Après avoir traversé le fameux fleuve Rubicon, nous rentrons plus profondément dans les terres. Nous alternons entre des pistes en bord de routes et les routes elles-même mais à la différence de précédentes expériences que j’avais pu avoir avec la circulation, et les a priori qu’on peut avoir sur la conduite des italiens, je les trouve assez respectueux. Beaucoup prennent leurs distances lorsqu’ils nous dépassent et je peux tranquillement pédaler sans m’inquiéter de finir sur le bas-côté.

Au fur et à mesure de notre avancée je vois se dessiner au loin l’ombre du gros caillou sur lequel s’est hissé la ville de Saint-Marin et je commence à m’inquiéter légèrement de l’ascension qui est censée nous y conduire. Je sens déjà le dénivelé de malade qui m’attend le lendemain et je comprends de plus en plus et de mieux en mieux que l’Italie à vélo sera vraiment aux antipodes du voyage de l’année dernière. On effectue donc les derniers kilomètres qui nous sépare de notre hébergement du soir avec la vue sur le gros caillou. La piste passe à travers des zones boisées, suit une petite rivière et nous jette presque au pied d’un début de montée vers notre B&B. C’était un peu trop beau pour être vrai, une journée sans trop de difficultés ! La montée, en fin de journée, je suis toujours assez peu fan. Même si la route a été assez soft aujourd’hui, la chaleur a quand même été écrasante et la fatigue s’est bien installée. Pourtant cette côte il va falloir la faire, un lit m’attend en haut. Je monte donc, pénarde, pas trop vite, sans trop forcée, c’est mon nouveau crédo de l’année. Je me souviens encore de mes crises de nerfs la première année en Angleterre, à monter des côtes (qui me semble aujourd’hui presque du pipi de chat) et à hurler de frustration parce que je n’avançais pas. Aujourd’hui j’ai mûri, la sagesse probablement, en tout cas je prends mon temps et le fait d’être ultra lente ne me pose absolument plus de problème (spoiler : je me mettrai même à chanter d’ici quelques semaines pendant mes ascensions, c’est dire comme j’ai changé). 

Arrivés finalement à notre hébergement, niché au milieu de la côte, dans un petit écrin de verdure, on est accueilli par les 2 chiens de la maison. Je glisse un « je te déteste » à Dimitri puis, suante, je pars à la recherche de notre hôte, qui s’avère être une hôtesse. Encore une fois, on sera baigné dans la gentillesse des italiens ce soir. On demande d’abord s’il est possible de se faire à manger, vu le dénivelé jusqu’aux villages les plus proches, il est absolument hors de question qu’on ressorte pour se trouver à manger. L’hôtesse nous explique que la cuisine n’est pas utilisable pour les clients mais, si on a des réchauds on peut les utiliser dans le foyer extérieur qui sert à faire les barbecues. Une fois les vélos abandonnés et la crasse de 2 jours de sueur supprimée, nous nous affairons donc à faire notre repas sur la terrasse avec vue imprenable sur les collines alentours. L’hôtesse me fait alors signe et me tend une petite barquette de tomates du jardin, cadeau pour notre repas. Elle m’explique aussi qu’on peut se servir du gâteau du petit déjeuner de ce matin. Bref, ce soir on va encore aller se mettre au lit, presque aussi repus de notre repas que de la gentillesse des personnes dont on croise la route. 

italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo

Verruchio à Cattolica - 58km

Rien ne vaut une nuit dans un lit, dans un endroit tranquille (parce que bon, souvenir de ces nuits dans un lit en auberges de jeunesse, comme à Cologne, on a vu mieux !). On se lève requinquer, et on réinstalle tout notre bazar sur les vélos après le petit déjeuner de compèt de notre B&B. L’objectif aujourd’hui est d’aller faire un tour à Saint Marin. 

D’ailleurs, durant le petit déjeuner, notre hôtesse nous donne un petit prospectus sur les parcours en Italie à vélo. On lui demande, innocemment, comme est la route vers Saint Marin à partir d’ici. Elle sourit gentiment et nous fait comprendre dans un mélange de signes et d’italien que ça monte mais qu’après, ça va. Je feuillette le prospectus qu’elle nous a donné et je reste un instant en suspens devant le parcours pour Saint Marin. « Euh, chéri, y’a marqué 18% pour la côte de Saint Marin« . Dimitri relativise, me dit que non, ça ira, ne t’inquiète pas, blablabla. Bon, admettons. Je vous le dis, ma confiance en cet homme me perdra.

Nous partons donc, redescendons une partie de la côte amorcée la veille (on suit Maps.me à ce moment là) et nous nous retrouvons sur une piste sableuse et pentue. Dimitri n’est pas sûr de ce qu’indique l’appli puisqu’on semble devoir prendre un autre chemin qui n’est plus praticable et que la piste sableuse, sur laquelle on pousse les vélos, ne semble pas mener vers là où il veut. Bon, très bien, remontons donc la pente qu’on vient de descendre, dans la joie et la bonne humeur (ou pas). Arrivés à un croisement, on prend la direction de Saint Marin et là… Mais là… Je ne vous raconte pas ma surprise en voyant le fameux panneau 18%. Bon, soyons honnêtes, je pète un câble. Oui, ça m’arrive. Je commence à monter mais on ne va pas se leurrer, je ne me vois pas du tout me farcir des kilomètres de cette pente à 18% avec mon bazar. D’ailleurs, j’en suis incapable. Je porte sur mon vélo mon poids + mon équipement, si on y ajoute ma démotivation ça fait très lourd à porter, que ce soit en pédalant (pas trop possible avec cette pente) ou en poussant (bonjour la perte de temps). Mission avortée mon capitaine ! Après concertation, on se rend à l’évidence qu’on perdra un temps phénoménal pour monter, qu’on ne pourra pas profiter en haut puisqu’il ne faudra pas traîner pour atteindre Ancône le lendemain, on est encore à plus d’une centaine de kilomètres.

Ceci étant, on s’est quand même farci des montées, on est là, juste à côté du village de Verruchio, lui aussi en hauteur, et je propose du coup d’y aller pour jeter un œil. Bon, je rage un peu contre moi-même, on est quand même obligé de faire du dénivelé mais la vue en haut du joli petit village de Verruchio en vaut l’effort. Que serait l’Italie à vélo sans ce foutu dénivelé et ces vues imprenables sur les collines verdoyantes qui s’étalent sous nos yeux à ce moment-là !

Après une petite pause, on repart en direction de Rimini. Nous rejoignons la côte et traversons successivement un grand nombre de villes côtières, souvent sur des belles pistes qui longent les plages. D’ailleurs, les plages, parlons-en. Les plages en Italie sont, pour moi, une bizarrerie nationale puisqu’elles sont, pour la plupart, privatisées. Nous n’avons pas cette habitude en France de voir le littoral privatisé avec des plages remplies de bâtiments et de transat, et c’est tant mieux. J’ai toujours eu du mal à comprendre ce concept de privatiser des endroits qui ne sont à personne, comme le littoral. 

Nous enchaînons donc ces visions de plages remplies de transat et ces petits bouts de plages publiques perdues au milieu, et nous nous arrêtons en début d’après-midi pour notre petite pause qui m’épargne le pédalage aux heures les plus chaudes. Alors que je déguste ma petite glace citron quotidienne sur la bâche de notre tente au milieu d’un parc d’une ville dont je ne me souviens plus du nom, j’aperçois, au loin, des nuages assez peu engageants. La chaleur est, comme depuis quelques jours, étouffante. On se doutait un peu qu’à un moment donné le ciel allait finir par craquer et nous accoucher d’éclairs et de tonnerre. Il semblerait que ce soit pour très bientôt. On décide donc de remballer la bâche et de se remettre rapidement en route dans une course presque effrénée pour échapper à l’orage. Malheureusement, on a fini par être rattrapé.

Arrivés à Cattolica, la pluie commence à s’abattre, fine d’abord puis de plus en plus gênante. On profite d’un supermarché et du besoin de faire quelques provisions pour s’arrêter et attendre la fin de l’épisode. Le truc c’est qu’au lieu de se calmer, le temps est de plus en plus vénère. A la pluie, qui s’abat maintenant drue sur la parking du supermarché, s’ajoute l’orage. On vérifie la météo, assez peu optimiste, et on reste là, pendant un bon moment dans l’espoir d’une accalmie qui nous permettrait de rejoindre notre spot de bivouac à 11km. D’un coup, un éclair s’abat, tout proche, suivi d’un coup de tonnerre qui me fait hérisser les poils des bras. On se regarde, on se résigne et on part virtuellement à la recherche d’un hôtel pour la nuit. Ça sera la nuit la plus chère du voyage, plus de 80€, elle fait mal honnêtement mais, parfois, quand on voyage à vélo, on est dans l’obligation de faire quelques concessions et de penser aussi aux conséquences d’une nuit dehors qui s’annonce assez humide. On aurait pu dormir dehors cette nuit là, tout est possible après tout, mais ça aurait été une nuit de déluge et un matin avec une tente trempée qu’on n’aurait pas pu faire sécher la journée ou nuit suivante puisqu’on prend le ferry vers la Croatie le lendemain. Oui, parce qu’il est nécessaire de faire sécher la tente après une nuit humide sinon bonjour la toile qui pourrit et l’odeur de mort qu’on aurait dû se traîner jusqu’au bout du voyage ! On se résigne donc à aller dans ce petit hôtel, certes sans charme, mais à l’accueil agréable et à la chambre simple et efficace. Il nous reste 80km à faire demain pour rejoindre Ancône, ça promet d’être une bonne journée !

italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo

Cattolica à Ancône - 80km

On récupère des vélos tout secs ce matin et ça, c’est plutôt cool ! On a a quand même sorti nos vêtements de pluie, le temps n’est pas franchement découvert aujourd’hui. Un peu comme hier, on longe les côtes italiennes pour rejoindre Ancône et notre ferry qui part à 22h pour Zadar. Si la journée s’égrène sensiblement comme la veille, petites averses mises à part, le gros événement arrive après quelques minutes de pédalage. 

« Ah, tiens, ça y est, j’ai plus de frein arrière ! ». Si vous suivez mes aventures à vélo depuis le début, vous avez peut-être déjà vu que j’avais eu la même mésaventure lors des 2 premiers voyages. La première fois en Irlande du Nord et la seconde après 3 jours de vélo, en Moselle. Nous voilà donc à 4 jours de vélo et le même souci réapparaît, plus de frein arrière. Pour info, j’ai des freins sur jante hydrauliques Magura. A 2 reprises, lorsqu’on a mis les vélos à la révision avant notre départ, j’ai alerté sur le problème, une purge a été faite mais le problème réapparaît. Pour le coup, je nous blâme nous plus que les mécanos, différents d’une année sur l’autre, à qui on donne nos vélos à peine quelques jours avant le départ (ça nous a d’ailleurs valu de partir en retard cette année)… Ceci étant, je vous avoue qu’à ce stade je commence à en avoir ras la casquette de ce vélo qui ne me satisfait plus du tout pour l’usage que j’en ai (petite dédicace, d’ailleurs, au mécano de cette année qui, en me rendant mon vélo, m’a gratifié d’un magnifique « et un vrai vélo de voyage, c’est pour quand ? »). A partir de ce jour, mon vélo a donc été renommé « Petite Merde », et ça lui va vachement bien. 

Enfin, revenons à nos moutons, la journée ne sera pas, en soi, transcendante. Nous arrivons quand même assez tôt à Ancône (ville assez peu charmante vu d’en bas mais qui a peut-être un intérêt quand on monte un peu) et ce n’est pas plus mal vu qu’il nous faudra faire tout le port pour aller chercher nos billets au guichet puis refaire le même chemin en sens inverse pour rejoindre la porte d’accès au ferry. On est assez surpris d’ailleurs de voir que la compagnie Jadrolinija nous considère comme des piétons pour un trajet aussi long. Lors de notre passage entre Roscoff et Plymouth on avait été considéré comme véhicule, ce qui est quand même vachement plus pratique surtout quand il s’agit de passer les contrôles de sécurité. Là, on nous fait enlever toutes nos sacoches pour les faire passer aux rayons X pour ensuite les remonter, tout ça fait aussi vite que possible pour ne pas être les relous qui bloquent toute la file. Une fois les vélos installés avec les motos et les voitures (ah, vous voyez bien qu’on est des véhicules !), on rejoint notre lieu de repos pour la nuit. 

Alors, à la différence du voyage en ferry de l’année 2017 entre Roscoff et Plymouth, nous n’avons pas pris de cabine. Les prix nous ont un peu calmés et on s’est dit qu’une nuit en sièges censé être inclinables, mais en fait, pas du tout et juste incliné (saisissez la nuance), ne nous tuerait pas. Etait-ce la décision la plus débile de notre vie ? Je ne pense pas, mais pas loin quand même. Il faut savoir que c’est l’été, du coup il y a des touristes, j’apprends que ces touristes, pour la plupart très jeunes, vont à Zadar puis rejoigne une autre île, un peu l’Ibiza croate. Tu la sens venir l’entourloupe ? On se retrouve donc dans la grande salle avec beaucoup, beaucoup, de jeunes gens bruyants et un peu excités. Heureusement pour nous, tous les sièges ne sont pas pris et on essaye de se trouver des places assez loin des groupes mais bon, on va pas se leurrer, être tranquille c’est utopique à ce stade. 

A partir de là, tu dois te dire que, bon, ça va, si c’est encore qu’une histoire de bruit, on a des boules quiès, on survivra, tout le monde doit dormir et puis ces gamins-là ils se reposeront bien à un moment histoire d’être un peu frais pour commencer leurs vacances festives. C’est vrai mais, c’était sans compter sur le reste :

  1. Les sièges, pas inclinables donc, sont munis d’accoudoirs fixes, comme dans les aéroports. Personnellement je n’ai jamais réussi à dormir assise, j’ai besoin de me coucher. Résultat, imagine moi bien en train de me contorsionner pour faire passer ma taille sous un accoudoir et mon dos sous un autre, étalée sur 4 sièges avec l’impossibilité totale de bouger. C’est pas la position la plus confortable du monde mais au moins, je suis couchée et je peux tenter de dormir. (Pendant ce temps-là, Dimitri est couché par terre, heureusement il a eu la bonne idée de prendre son tapis de sol. Il repose donc sous les 4 sièges sur lesquels je suis étalée).
  2. La lumière ne s’éteint pas. Oui, tu as bien lu, on est dans un ferry qui voyage de nuit et les lumières sont allumées toute la nuit. Des gros néons bien relous qui t’éclairent la gueule toute la nuit. Je suis donc recroquevillée dans ma veste, capuche mise, élastiques serrés au max pour que ma capuche me saucissonne la tête et me cache un minimum les yeux. Oui, déso, je ne peux pas non plus dormir avec de la lumière, je préfère ressembler à un rôti dans ma veste Quechua.
La voilà donc, notre nuit de rêve dans le ferry de la Jadrolinija qui nous emmène d’Ancône vers Zadar. C’est la fin de l’Italie à vélo et le début de notre périple à travers la Croatie et quel début. Je ne vous dis pas les gueules de déterrés qu’on a quand on remonte sur les vélos au petit matin. N’empêche, j’ai rarement été aussi heureuse de reposer mes fesses sur ma selle.
italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo
italie à vélo

Bivouaquer en Italie

En Italie, le bivouac est, en général, toléré. Méfiance quand même, certaines forêts sont interdites pour toute personne voulant planter sa tente, si vous vous y risquez, planquez-vous bien, c’est la base, et ne laissez rien derrière vous, c’est aussi la base.

Au final, pour ce passage en Italie à vélo nous avons bivouaqué une seule fois à la Pineta di Classe. Si l’endroit était plus ou moins top (coucou les cafards), on a quand même été assez contents de ne pas avoir de tiques !

L'itinéraire

Je t’ai mis ici notre parcours approximatif. A la différence de l’an passé, je n’ai pas activé mon traceur sur mon téléphone donc je n’ai pas le parcours exact. Pour ce qui est du passage sur les côtes, aucun point d’intérêt particulier si ce n’est la côte elle-même en fait ! Les pistes sont top et la vue aussi, la plupart du temps. A toi de découvrir 😉

L'Italie à vélo, le résumé

  • Les italien.ne.s sont gentil.le.s
  • Les plats italiens sont monstrueusement bons et pas cher
  • Tenter de monter à Saint Marin peut s’avérer une grosse connerie
  • Gros coup de coeur pour la petite ville de Verruchio, vraiment charmante et repère des cyclistes de route
  • Les côtes italiennes sont super bien équipées en pistes
  • Si tu as le sommeil léger, fais pas le con, prends une cabine dans le ferry pour la Croatie

Tu as aimé cet article ? Partage le !

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest

Laisse un commentaire, j'aime bien te lire :)

Il n'y a pas encore de commentaire, à toi de jouer :)


Laisse ton commentaire ici !

velit, id, elit. efficitur. libero. pulvinar mi, Curabitur eleifend dolor. libero