La Meuse à vélo – Itinéraire de 2 jours en France

16ème jour de voyage, on est en France après environ 1200km parcourus, c’est fou, ça sent la fin du voyage, déjà ! Alors que l’an dernier je subissais un peu chaque jour comme une nouvelle (géniale) épreuve, là j’ai l’impression que ces 16 jours sont passés à la vitesse de la lumière. Tout, ou presque, s’est bien déroulé, on a subi aucun jour de pluie, une seule et unique galère mécanique qui s’est réglée dans l’heure (je ne compte pas mon frein arrière mort depuis le 3ème jour…), aucune douleur physique insupportable, tout dans ce voyage respire la simplicité et le bonheur ! On est clairement aux antipodes de l’année dernière avec ce voyage vraiment trop hard pour une débutante, en fait, je me dis qu’on aurait dû commencer par là, ça aurait peut-être été plus logique. Vous l’avez compris, ce voyage à vélo est une pure promenade, il n’y a eu jusque là aucune étape vraiment compliqué, certes quelques montées un peu ardues, mais rien qui ne soit comparable aux collines des Cornouailles. A l’aube du 16ème jour on se réveille pour la dernière fois en Belgique, dans notre petit bout de forêt, on descend la vertigineuse pente qui nous a fait suer la veille et on rejoint la Meuse en contrebas. La frontière est là, le panneau nous indiquant la terre natale apparaît sous nos yeux et bizarrement ce n’est pas un soulagement, plutôt de la mélancolie qui me saisit. Il nous reste 3 jours de vélo, on arrivera à notre point de départ après 18 jours de voyage et environ 1500km parcourus. Heureusement pour nous, l’aventure durera jusqu’à la dernière minute de ce beau voyage.

La Meuse du côté belge

Comme je vous en parlais dans l’article consacré à la Belgique, on a décidé un peu au dernier moment de laisser tomber l’itinéraire Charles le Téméraire pour aller du côté des Ardennes et de la Meuse. Depuis quelques années des pistes cyclables ont été créé pour permettre de découvrir ce beau fleuve et ses alentours. Du côté belge l’aménagement est top, on prend peu de routes partagées (certaines sont un peu dangereuses avec le trafic mais assez courtes) et les alentours des pistes cyclables sont beaux et pratiques par la présence de pas mal de villes et villages qui nous permettent de trouver de quoi manger.

Dinant

Namur

Belgique à vélo Meuse à vélo
Belgique à vélo Meuse à vélo

La Meuse à vélo côté français

Les pistes cyclables de la Meuse à vélo sont en fait celles de la Trans Ardennes qui débute à Givet. Dès les premiers kilomètres en France on alterne entre les routes partagées pleines de camions et les pistes cyclables près du fleuve, beaucoup plus agréable. On remarque rapidement la différence entre Belgique et France concernant les villes et villages que nous fait traverser la piste, honnêtement on a rarement autant galéré à trouver de quoi manger depuis le début de notre périple ! En fait, la piste de la Meuse en France est une piste assez peu utilisée, la plupart des portions sont neuves et malgré le fait que ce soit un itinéraire simple et vraiment agréable, on est souvent seuls à y pédaler. Forcément, la faible fréquentation se traduit aussi par la faible quantité d’infrastructures dédiées aux cyclistes, d’où notre difficulté à trouver un restaurant dans les petites villes qu’on traverse ! Pourtant, sillonner les abords de la Meuse est un réel plaisir. On alterne entre les longs moments à plats et les courtes montées à chaque écluse et on profite pleinement de la tranquillité sur cette belle piste qui devrait vite être prise d’assaut par les cyclotouristes tant le paysage est grandiose. La traversée des Ardennes par la vallée de la Meuse est en général un jeu d’enfant, on ne regrette absolument pas d’avoir changé nos plans en faveur de cet itinéraire qui nous fait conclure le voyage un peu de la même manière qu’on l’avait commencé, au gré d’un autre fleuve français.

Bon, malgré tout, il ne faut pas se leurrer les gars, certains épisodes de notre balade au bord de la Meuse ont été assez critiques ! Si le premier jour de pédalage qui nous emmène jusqu’à notre hébergement (un château dont je vous parle plus bas) a été assez tranquille, le jour suivant a été un peu plus catastrophique ! En cause, la signalisation pas toujours très bien faite qui nous fait parfois hésiter et qui nous amène à utiliser l’appli de malheur : Maps. Alors Maps, je ne dis pas, parfois c’est hyper pratique, par contre, je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, parfois ça vous emmène sur des chemins totalement improbables qui sont censés vous faire gagner du temps mais qui vous en fait en fait perdre puisque, non les gars, sur une piste parsemée de cailloux acerés de la taille d’un ballon de handball, je ne roule pas moi, je pousse et je râle, et le pacsé aussi ! Imaginez nous donc, sur plusieurs kilomètres, pousser nos vélos sur ces énormes cailloux puis sur des graviers avec mon arrière train (celui du vélo hein) qui chasse dangereusement puis sur du sable puis à monter et descendre dans les cratères laissés par les tracteurs. Un ENFER. Je crois que de ma vie, je n’ai jamais été aussi heureuse de retrouver une départementale, peu importe qu’il y ait des camions ou qu’on ne fasse que monter et descendre en plein cagnard, ça sera jamais pire que faire du 5km/h sur cette piste damnée.

meuse à vélo
meuse à vélo
meuse à vélo

Si tu as faim pendant ton escapade au bord de la Meuse…

Je te conseille de t’arrêter manger à Fumay, à l’Escale, un petit restaurant en bord de Meuse. S’il n’y a pas de plat végétarien, ne t’en fait pas, on peut te faire n’importe quel plat à la sauce végétarienne, une salade ardennaise sans les Ardennes dedans ! L’accueil est agréable, l’endroit sympathique et les assiettes bien copieuses.

La Meuse française du côté villes

Il n’y a pas que la nature luxuriante à voir lorsqu’on pédale sur les pistes ou les routes de la Meuse, il y a aussi les villes ! Du côté grandes villes, on passe à travers Charleville-Mezières et Sedan, qu’on s’est promis de retourner voir sans les vélos, pour profiter du centre de Charleville et de l’une des plus grandes forteresses médiévales d’Europe à Sedan. Du reste il y a sur le parcours nombre de petites villes charmantes comme celle de Mouzon, la ville qu’on cherchait à atteindre aux moments de notre mésaventure sur la piste de l’Enfer. Le plus drôle (ou pas) c’est qu’en arrivant à Mouzon on est passé au-dessus d’une portion de piste cyclable ! Et encore plus hilarant (ou pas bis) c’est qu’en repartant, on s’est dit qu’on allait enfin sortir des itinéraires partagées en suivant ladite piste, sauf qu’elle se termine à peine 1km plus loin. C’est vous dire comme sur ces 3 derniers jours de vélo on a sûrement beaucoup plus galéré que sur les 2 semaines précédentes… Si comme nous vous passez à Mouzon, allez donc jeter un oeil dans le centre-ville, si le Musée du Feutre ne vous dit pas trop, vous pouvez tout simplement aller admirer la magnifique abbatiale Notre-Dame qui se cache dans la petite ville, sa construction date du XIIème siècle !

Evidemment, si notre parcours se termine dans les alentours de Verdun, la Meuse elle continue sa route bien plus loin dans les terres. N’empêche que sur l’unique portion qu’on a fait de la Meuse, on a eu l’opportunité de découvrir beaucoup de lieux et notamment une fois arrivé du côté de Verdun. On n’est pas allé jusqu’à la ville, qu’on connaissait d’une précédente escapade, mais ça ne nous a pas empêché de nous arrêter dans l’un des villages morts pour la France qui parsèment le parcours : Ornes. S’il ne reste plus que l’église, Ornes, comme tous les villages morts pour la France, est reconstitué par des plans, par des stèles qui balisent les endroits où se dressaient avant tel ou tel bâtiment. Ces villages ont été détruit pendant la première guerre mondiale, emblème de la France victime et meurtrie, les visiter sont toujours un moment hors du temps, on lit sur les panneaux les noms des différentes personnes ayant habités les villages avant qu’ils ne soient rasés, on se reconnecte à une partie de notre histoire.

Sedan

meuse

Mouzon

meuse à vélo
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Manger dans un Gault & Millau à Mouzon

Le plus gros de notre budget lorsqu’on est en voyage à vélo c’est les repas. Tous les midis on se trouve un petit restau pour manger, en général on s’en sort facile pour 40€ maximum avec plats et boissons. On n’est pas du genre à vouloir manger dans les restaurants raffinés, déjà parce qu’on est extrêmement gênés en général, ne s’y trouvant pas à notre place, et parce que c’est quand même bien au-dessus de notre budget. Du coup, quand je vous parle Gault & Millau ça doit sûrement vous faire lever un sourcil ! Pourtant celui dont je vais vous parler vaut le coup d’oeil, tout simplement parce que vous pouvez y manger une entrée, un plat et un dessert pour 16€ et une assiette végétarienne à 12€.

Le restaurant Les Echevins à Mouzon propose un menu « express », complet et suffisamment copieux, servi dans une ambiance vraiment chic (une maison du XVIIème) dans laquelle on fait vraiment tache ! Le menu change toutes les semaines selon les envies des propriétaires, le prix, lui, reste fixe, toujours 16€. Il y a évidemment d’autres possibilités, tout de suite plus chères mais probablement très bonnes. Pour ce qui est de l’option végétarienne, il n’y en a pas mais il est possible de demander qu’on vous fasse une assiette spéciale. Le chef m’a donc préparé une assiette de légumes avec des oeufs et des petites purées, tout maison, tout excellent mais on reste dans un restau haut de gamme, l’assiette est donc assez pauvre en quantité. 

Ornes

meuse à vélo

Dormir dans un château près de la Meuse

Dormir dans un château, pour nous, ça a toujours été impensable parce que hors de prix. La plupart des châteaux affichent des nuitées qui nous font saigner du nez, notre budget étant assez limité on peut rarement se permettre de prendre des nuits à plus de 70€ même s’ils nous arrivent de faire des exceptions (sans non plus aller au-delà des 80€ la nuit, ce qui est déjà hyper cher pour nous). Du coup, quand installés dans la tente dans la forêt de Givet, on trouve sur booking une nuit dans un château à 65€ on hallucine un peu. Certes ça va nous obliger le lendemain à faire plus de 100km sur des routes pas forcément géniales mais on prend quand même le risque, c’est pas tous les jours qu’on peut s’offrir une nuit en château. Et quel château ! Parce qu’attention, on n’a pas choisi le plus pourri de tous les châteaux : dans ce château, en 1870 Napoléon III a signé la capitulation avec Bismark. La classe hein ?

Le château de Bellevue est situé pas très loin de Sedan, dans la ville de Glaire et Villette, lorsqu’on y arrive on rencontre la propriétaire, Angeline, qui nous raconte avec passion l’histoire de ce château qu’on découvre pièce par pièce. Abandonné pendant de nombreuses années, elle et son mari, un peinte célèbre en Asie, ont décidé de le racheter d’y vivre mais aussi d’y faire des appartements à la location. Angeline et son mari rénove tout dans le château, elle nous raconte qu’elle a fait tomber les faux plafonds et les nombreux artifices mis en place par les anciens propriétaires pour « rénover » le château. La remise en forme du lieu n’est pas simple, peu d’artisans répondent aux aspirations du couple qui veut absolument rénover le château au plus près de ce qu’il était à sa construction au XIXème siècle. On visite la fameuse salle où la capitulation a été signé, encore en rénovation au moment de notre passage, et les 2 appartements remis à neuf, dans les combles, on s’installe dans l’un des deux qui dispose de toutes les commodités, cuisine, salle de bains, chambre séparée et climatisation, le grand luxe !

Meuse à vélo

Une dernière aventure pour la route ?

Jusqu’aux derniers kilomètres le destin s’est bien foutu de nous ! Alors qu’on transpire à grandes eaux sur les routes partagées de la Moselle, qu’on se sait presque arrivé, on décide de ne pas suivre la route que Dimitri prend d’habitude en voiture mais plutôt de suivre l’itinéraire que nous conseille Maps (oui, on est couillon d’encore faire confiance à cette appli diabolique). On loupe un croisement, on se retrouve à bouffer une côte sous la canicule, je manque de péter sérieusement un câble, on s’engueule et on repart jusqu’à l’intersection suivante qui nous mène sur… une piste. Je sens l’idée de merde, néanmoins, ça sert à rien de faire demi tour, on est joueurs (et j’aime pas faire demi tour). On s’engage donc sur la piste et puis allez, on passe la barrière qui nous indique qu’on entre en terrain militaire, et qu’on n’a pas le droit d’être là. On s’engage dans une forêt, un endroit où Dimitri et ses copains s’amusaient plus jeunes à découvrir les vieux forts militaires abandonnés. On avance sur les vélos et puis rapidement on descend des vélos parce que le chemin est tout simplement impraticable ! On essaye de suivre le tracé de l’appli (oui, on n’est pas du genre à abandonner) et on continue même si ça devient de plus en plus comique. Les sentiers deviennent des chemins et les chemins deviennent de ridicules sillons où la présence humaine n’est attestée que par d’anciennes grenades à plâtre délaissées par les militaires. On se fraye un chemin à travers les ronces, à travers les plantes qui ont grignotés les passages et on s’oriente au petit bonheur la chance, retrouvant un brin d’espoir en entendant une route proche. On est à 3km de notre point d’arrivée et on trouve le moyen de se perdre en forêt, on se situe où niveau échelle du fail ?

On va mettre une heure pour sortir de ce merdier et faire quelques kilomètres. Une heure pour retrouver la route, une heure pendant laquelle on se fout proprement de notre propre gueule pour ce dernier exploit. Le plus drôle dans l’histoire c’est qu’après avoir passé une heure à crapahuter dans la végétation, on n’attrapera aucun tique ! Alors qu’en quelques minutes on a réussi à se faire attaquer par une cinquantaine de minis-tiques aux Pays-Bas, je pense qu’on peut dire qu’on termine ce voyage à la perfection !

Bivouaquer près de la Meuse

Il est possible de bivouaquer dans les Ardennes en respectant certaines règles que je vous laisse découvrir sur ce site. Pour ce qui est de notre voyage, nous n’avons pas bivouaqué dans les Ardennes françaises mais côté belge, dans la forêt de Heer-Agimont qui est un excellent spot (précisions dans l’article sur la Belgique).

Nous avons bivouaqué dans la forêt domaniale de Verdun, l’ONF ne donne aucune info sur le droit de bivouaquer dans la zone, cependant elle alerte sur la possibilité de se retrouver confronter à des explosifs datant de la 1GM. Faites donc bien attention lorsque vous plantez la tente (ça serait dommage de perdre une jambe…).

Conclusion de 18 jours et 1500km de vélo

Nous voilà arrivés au terme de ce deuxième voyage à vélo en amoureux. Si ce voyage là a été une vraie promenade, il n’en reste pas moins que j’ai crisé, assez souvent et notamment pour les bivouacs et les tiques ! Ca a été le plus gros point noir de notre voyage puisqu’on ne s’attendait pas à devoir supporter autant ces créatures diaboliques. Heureusement pour nous, tout va bien, on est en bonne santé ! 

Est-ce que je te recommande notre parcours ? 1000 fois oui, il est praticable pour tout niveau et serait parfait pour ceux qui veulent commencer le voyage à vélo. La plupart de l’itinéraire est plat, les rares fois où tu pourrais galérer dans des montées c’est à partir des Ardennes françaises. Du reste l’ensemble du parcours est une vraie promenade à travers des paysages et des villes fantastiques.

Si je devais choisir mon moment préféré du voyage ça serait sans conteste les Pays-Bas, pour les paysages, pour les pistes cyclables, pour la magnifique Amsterdam et pour la bienveillance des néerlandais. Ce voyage a été aux antipodes de celui de l’année dernière, tu l’as compris, je n’ai pas arrêté de le dire ! Si j’ai adoré ce voyage pour sa simplicité, parce que je n’ai pas trop souffert et que j’ai pris énormément de plaisir à découvrir l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, je ne crache pas du tout sur le voyage beaucoup plus dur de l’an dernier. Voyager à vélo est un mode de découverte vraiment à part, vraiment unique, qui me fait savourer chaque kilomètre, qui me permet de m’échapper loin tout en continuant à avancer à la force de mes jambes. A la différence de tout autre voyage, je trouve dans le voyage à vélo un véritable accomplissement, le fait d’arriver au bout, de faire l’effort, d’avoir la volonté de continuer, ça m’impressionne toujours pour moi, une nana qui râle (beaucoup) et qui perd vite confiance en elle. Le voyage à vélo est vraiment le type de voyage qui correspond à ceux qui cherche un maximum de liberté tout en étant lent, mais pas trop ! On a facilement avalé des centaines de kilomètres par jour pendant ce voyage, ça nous a permis de voir beaucoup de villes, de traverser 3 pays dont 2 de part et d’autre. 

L'itinéraire

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meuse à vélo

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